Résumé
Des proportions démesurées
Consommation de bois : Pour atteindre la puissance maximale de 35 MW, l'installation devra brûler 185 tonnes (285 m³) de granulés par jour en hiver, soit 5 620 tonnes par mois.
Logistique lourde : L'alimentation nécessitera les aller-retours quotidiens de 6 à 8 semi-remorques. Sur une saison hivernale de 5 mois, cela représente 340 000 km parcourus, entraînant la consommation de 150 000 litres de gazole et l'émission de 400 tonnes de CO₂ uniquement pour le transport.
Infrastructures : Le projet impose la création d'une zone de stockage-tampon de plusieurs centaines de tonnes sur place pour faire face aux intempéries.
Impacts environnementaux et climatiques
Émissions de CO₂ à la cheminée : Bien que les normes conventionnelles affichent un bilan bas en ne comptabilisant que le cycle amont (30 à 33 g CO₂/kWh), les émissions réelles à la cheminée s'élèvent à 400 g CO₂/kWh en raison de la faible densité énergétique du bois. Le bilan total ACV s'établit à 430 g CO₂/kWh, un chiffre supérieur à celui du fioul (300 g CO₂/kWh). La chaufferie générera une dette carbone de 350 tonnes de CO₂ par jour, longue de 20 à 150 ans à résorber.
Pression sur les forêts : Ce prélèvement intensif intervient alors que les forêts françaises subissent un stress climatique sévère et des prélèvements excessifs, et voient leur capacité d'absorption du CO₂ s'effondrer.
Pertes énergétiques et baisse d'efficacité : Le réseau de chaleur perdra en moyenne 25 % de l'énergie injectée (soit 1 400 tonnes de bois brûlées en pure perte par mois). De plus, l'altitude de la station provoquera un "déclassement" de 15 à 20 % dû à la raréfaction de l'oxygène, altérant la qualité de la combustion.
Problèmes de santé publique et pollutions
La
combustion va libérer quotidiennement d'importantes quantités de
polluants dans l'atmosphère (30 kg de particules fines PM 2.5, 120
kg d'oxydes d'azote NOx, 300 kg de monoxyde de carbone et 235 kg de
dioxyde de soufre).
Ces
risques sanitaires seront amplifiés par trois facteurs locaux :
le fonctionnement en mode réduit lors des creux de fréquentation touristique, ce qui multiplie les imbrûlés ;
le taux d'humidité élevé lié aux chutes de neige ;
la topographie montagnarde et les phénomènes d'inversion thermique qui bloquent les polluants au-dessus des zones résidentielles (le Lac, le Lavachet, le Val Claret).
Viabilité économique et alternatives proposées
Incertitude financière : L'argument municipal de la stabilité des prix du granulé est contesté. La réglementation européenne (Directive RED III) et la fin progressive des niches fiscales (TVA réduite, absence d'accise) sur la biomasse forestière risquent de renchérir fortement le coût du pellet. Le projet présente également un risque pour l'image de marque touristique de la station.
Solutions alternatives : le collectif rappelle que Tignes dispose déjà sur son territoire d'importantes capacités de production d'électricité hydroélectrique décarbonée (centrales du Saut, du Chevril, des Brévières). La commune a déjà mené des projets vertueux (géothermie aux Boisses, station d’épuration des Brévières). L'alternative recommandée repose sur l'isolation thermique des bâtiments et le déploiement de pompes à chaleur (PAC).
Le collectif « Tignes zéro carbone » appelle les résidents et copropriétaires à s'opposer à ce projet, et s'il est finalement mis en œuvre, à refuser le raccordement de leur immeuble à ce futur réseau de chaleur.


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