TIGNES : « transition pour un territoire durable », chaufferie aux granulés de bois et réseau de chaleur





Dans le cadre de sa « stratégie de transition pour un territoire durable », la Mairie de Tignes travaille sur un projet de réseau de chaleur municipal alimenté par une chaufferie aux granulés de bois (pellets en anglais).

L'annonce en a été faite le 21 août 2026 au cours d'une réunion destinée aux conseillers syndicaux des copropriétés de la station. Le projet serait finalisé début 2027. La puissance de cette chaufferie serait de 30 à 35 MW.

De quoi parle-t-on quand on regarde les choses rationnellement ?

Un projet démesuré 

Une puissance de 30 à 35 MW, c'est 30 000 à 35 000 kW. La quantité d'énergie en mode nominal sera donc, selon que l'on retient 30 ou 35 MW, de 720 000 à 840 000 kWh par jour.

Pour la suite du raisonnement, on se base sur la puissance haute annoncée, soit 35 MW ; si la puissance retenue est de 30 MW, il suffit de multiplier les chiffres par 6/7.

Pour fixer les idées, 35 MW c'est la moitié de la puissance historique du laminoir à froid d'Arcelor Mittal Mardyck près de Dunkerque (70 MW), qui traite 2,5 millions de tonnes d'acier par an. C'est beaucoup pour le chauffage de résidences vides les deux tiers de l'année et déjà équipées. Cela explique les ordres de grandeur qui vont suivre.

Il faut brûler 220 kg de granulés pour obtenir 1 000 kWh. Pour produire 840 000 kWh, il faudra brûler 185 tonnes de granulés par jour ; en volume : 285 m³ ; en équivalent calorifique:  650 stères de bûches. En un mois, 5 620 tonnes, 8 550 m³ de granulés, un carré de 10 m de côté sur 85 m de haut ; 20 000 stères de bûches.

Le transport : circuit court ?

L'approvisionnement en granulés dépendra d'usines de production situées dans un rayon maximum de 150 à 200 km de la station, d'après le cahier des charges du projet. Il en existe 6 situées entre 100 et 200 km.

Un semi-remorque transporte une charge d'un peu moins de 30 t. Pendant la période hivernale (déc-avril, 150 jours) il en faudra 6 à 8 sur la route chaque jour pour alimenter cette chaufferie - chiffres confirmés par le pilote du projet. 

En supposant un approvisionnement réparti entre les 6 usines, les semi-remorques effectueront en une saison hivernale 340 000 km sur les routes de Savoie, plus de 8 fois le tour de la Terre pour livrer les granulés à Tignes. 

Conséquences : encombrement sur les routes, bruit et poussière, nuisances pour les riverains, et nécessité d'un stockage-tampon de plusieurs centaines de tonnes sur place en prévision des jours d'intempéries ou d'interdiction de circulation.  

Soit la combustion de 150 000 litres de gaz-oil, et des émissions de gaz d'échappement de 400 tonnes de CO2. En 5 mois, plus que les émissions annuelles du Bec Rouge chauffé au fioul (365 t). 

Les pertes du réseau de chaleur

Les pertes d'un réseau de chaleur s'élèvent en moyenne à 25% de l'énergie injectée. Ce réseau de chaleur gaspillera chaque jour 210 000 kWh. Chaque mois, 1 400 tonnes de bois seront brûlées en pure perte, 46 camions feront le trajet pour rien.

Le déclassement en altitude
L'efficacité d'une chaufferie biomasse diminue avec l'altitude à cause de la raréfaction de l'oxygène, qui nuit à la qualité de la combustion et augmente les imbrûlés, donc les emissions de polluants. On appelle ce phénomène le déclassement. Il sera ici de l'ordre de 15 à 20%. Voir l'article "enfumer tue".

La destruction des forêts

Les 185 tonnes de granulés de bois brûlées chaque jour seront autant de prélèvements sur nos forêts. A moins qu'ils ne viennent du bout du monde, mais c'est exclu au cahier des charges.

Les forêts sont au cœur des enjeux de soutenabilité face au réchauffement climatique. On les appelle communément des « puits de carbone » en raison de leur capacité d'absorption du CO2 contenu dans l'air par la photosynthèse. La Terre a perdu un tiers de ses forêts d'origine, soit 2 fois la surface des États-Unis, au rythme actuel de 13 Millions d'ha par an.

La forêt française est dans un état critique, en raison du stress climatique et de la pression de l’exploitation forestière. Sa capacité d’absorption de CO2 est tombée de - 70 Millions de t/an en 2008, à - 27 Mt en 2021 (CITEPA, Observatoire des Forêts Françaises). Elle a été divisée par 2 les 10 dernières années. Elle n'absorbe plus que 4% des émissions du pays (CEA, V. Masson Delmotte). A ce rythme, ses capacités d'absorption de CO2 auront disparu en 2030. La biomasse de bois sera épuisée à très courte échéance.

La disparition des forêts détruit la biodiversité, augmente la température, dérègle les cycles du sol, de l'air, de l'eau, fragilise l'agriculture. Elle augmente notre dépendance aux importations. Ces dernières représentent déjà 15 à 20% de la consommation en France.

Les scientifiques alertent depuis des années, et les Pouvoirs Publics commencent à mesurer l’impasse :

« Le choix de la biomasse pose la question de sa disponibilité à moyen terme ». « Au cours de la mission, l’abandon de projets de chaudières biomasse a été exposé du fait notamment d’un problème de bouclage matière » R. Schellenberger, rapport au Premier Ministre, juin 2026.

Facteurs d'Émission de CO2 du chauffage aux granulés de bois : convention – émissions réelles

Dans leur communication au public sur le chauffage aux granulés de bois, l'ADEME et les professionnels de la filière mettent en avant le Facteur d'Émissions (FE) conventionnel de 30 à 33 g CO2/kWh, du secteur Énergie de la nomenclature de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC).


Ce chiffre secteur Énergie reflète les émissions du cycle « amont » du granulé de bois : abattage et récolte des arbres, déchiquetage, compression et séchage des granulés, conditionnement, transport. D'où un chiffre très bas, qui permet d'assimiler artificiellement les granulés de bois aux énergies décarbonées. « Par convention, les émissions de CO2 issues du chauffage au bois ne sont pas comptabilisées » (République Française, Commissariat Général au Développement Durable, 2019).

 
Cette subtilité comptable a créé un effet d'optique en Europe : l'utilisation de granulés de bois permet de réduire artificiellement l'empreinte carbone du secteur énergétique, alors que le CO₂ est bel et bien libéré dans l'atmosphère. 


Les scientifiques, Chatham House 2020, Nature Portfolio 2018, EASAC (Conseil consultatif scientifique des académies européennes) 2018 et 2019, Agro Paris Tech 2020, GIEC 2006, publient le FE de 1,83 kg de CO2 par kg de granulés, 112 g CO2/MJ soit  403 g CO2/kWh mesurés à la cheminée. Pour simplifier 1.80 kg CO2/kg bois - 400 g CO2/kWh. C'est le chiffre de la chimie du carbone, qui n'est pas amendable, quelle que soit la chaudière utilisée. 


Le FE à la cheminée est nettement supérieur à celui du fioul - 300 g CO2/kWh - car le bois a une densité énergétique plus faible ; outre un taux d'humidité résiduelle réglementé à 10%, mais qui augmente en fonction de l'humidité ambiante et des conditions de stockage ; le fioul est à 0.02% de TH.
Le facteur physique d'émissions de CO2 de la combustion de granulés de bois en cycle complet est donc : 400 g.kWh-1 (combustion) + 30 g.kWh-1 (amont). Total : 430 g CO2/kWh. 

Emissions de CO2

Cette future chaufferie brûlant 185 tonnes de granulés de bois par jour créera une dette carbone de 350 tonnes de CO2 par jour, 10 500 tonnes par mois. La dette carbone correspondante ne sera remboursée qu'à l'horizon de 20 à 30 ans pour les bois d'éclaircie, et de 80 à 150 ans pour les arbres. Ces échéances sont incompatibles avec l'urgence climatique.

Le CO2 est un gaz transparent, à effet de serre majeur, absorbant dans le domaine infrarouge, qui bloque la réémission vers l'espace de l'énergie thermique reçue au sol sous l'effet du rayonnement solaire. Il est le principal responsable du changement climatique.

Le changement climatique n'est pas une opinion. C'est un fait. Le climat change sous nos yeux. L'été 2026 a battu tous les records de températures, dessèchements des sols et incendies. Pourtant « on est en train de vivre une des années les plus froides du reste de notre vie » (M. Reghezza-Zitt, ENS Ulm, C. des Comptes).

Les glaciers
« Chaque kg de CO2 entraîne la perte de 15 kg de glacier « (V. Masson-Delmotte, CEA). Les 350 tonnes de CO2 émis par jour à Tignes, effondreront quelque part 5 400 tonnes de glacier. Par mois, 165 000 t. 

Notre glacier de la Grande Motte a subi une perte de près de 70 % de son volume entre 1982 et 2019.

On a pu lire ces jours derniers qu'il a perdu 6 m d'épaisseur cet été 2026 "comme si on avait perdu l'équivalent de 2 ans mais en un seul été" (Le Dauphiné Libéré, 27/10/2026). 

Est-il vraiment indispensable que Tignes ajoute sa contribution au réchauffement climatique ?

Pollutions : émissions de gaz, particules en suspension et particules fines

La combustion du bois émet dans l’atmosphère un mélange complexe de gaz et de particules en suspension, dans des quantités un peu terrifiantes :

particules fines PM 2.5 (PM : Particulate Matters), ici  ~ 30 kg/jour
oxydes d'azote (NOx) : ~ 120 kg/jour
monoxyde de carbone (CO) : ~ 300 kg/jour,
dioxyde de soufre (
SO2) : ~ 235 kg/jour.

Et aussi des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des composés organiques volatils (COV) : benzène (C6H6), phénol, naphtalène, des dioxines et furanes, du carbone-suie.

La contribution du chauffage au bois en France en période hivernale est estimée en moyenne à 77% de la concentration atmosphérique en particules organiques, à 72 % pour le carbone suie et à 40 % pour les PM 2.5.

On détaille dans un autre article "enfumer tue" les normes et des approches chiffrées pour les 4 principales pollutions à attendre du fonctionnement de la future centrale.

Les gaz et PM s'infiltrent dans l'organisme par la respiration.

Les particules PM 1 et PM 0.1, de très petite taille, sont les plus dangereuses. Elles ne sont pas filtrables, quels que soient la chaudière et le système de filtrage. Elles passent la barrière des alvéoles pulmonaires et s'infiltrent dans la circulation sanguine. Elles provoquent des maladies cardio-vasculaires, respiratoires et neurologiques. Leur action péjorative sur le développement du fœtus est avérée. Elles sont à l'origine de 49 000 décès par an, 7 % de la mortalité totale en France (ANSES).

Le monoxyde de carbone CO est un gaz asphyxiant, responsable de nombreuses intoxications et d'une centaines de décès chaque année. 

Les NOx sont des particules extrêmement toxiques, en particulier NO2, 40 fois plus mortel encore que le monoxyde de carbone CO. 

Le dioxyde de soufre SO2 s'oxyde en présence de dioxyde d'azote, produit du trioxyde de soufre SO3 et de l'acide sulfurique H2SO4. 

Les dioxines et furanes sont des perturbateurs endocriniens, cancérogènes, affectant la reproduction et le développement neuromoteur chez l'enfant.

Pollutions aggravées 

Le fonctionnement en mode réduit augmente proportionnellement les émissions (CITEPA). Une centrale à pellets n'est pas une turbine à gaz. Elle est calculée pour une puissance nominale et peu modulable. Or la fréquentation à Tignes est tout sauf linéaire, avec des pics en vacances scolaires et week-ends, et des creux en milieu de semaines et hors vacances. C'est exactement le contraire de ce à quoi ce type de chaudière est adapté. Le fonctionnement dégradé produira des émissions de polluants et de PM disproportionnées. 

L'humidité, la pluie et la neige augmentent aussi les émissions. Au-delà de 30% d'humidité, les émissions de particules, dioxines et CO sont multipliées par 3 (idem). Et il est bien connu que la neige à Tignes n'a rien d'exceptionnel.

Last but not least, en montagne, la concentration des polluants est augmentée par la topographie et les phénomènes d’inversion de température.


Attention fragile

Les idées diffusées dans le grand public par des écolos et des journaliste ignorants, sous l'influence des lobbys, opposent souvent les énergies fossiles fortement émettrices - pétrole et gaz - au bois prétendument "renouvellable". Le bois relève de la biomasse, plus émettrice encore à la cheminée comme on l'a vu. Pétrole et gaz ont nécessité 30 à 300 millions d'années pour se former, quand le bois d'arbre se renouvelle modestement à l'échéance de 40 ou 150 ans selon son espèce et son emplacement, 500 ans pour les majestueux sequoias d'Amérique du Nord. Mais ce délai très court à l'échelle géologique ne l'est pas à l'échelle des générations d'homo sapiens.  


Les arbres, des forêts d'Europe, des mangroves, des forêts tropicales et septentrionales, de l'Amazonie, d'Amérique du Nord, de Sibérie, d'Afrique centrale, d'Indonésie, constituent la seul arme que la nature nous ait donnée pour lutter contre le réchauffement climatique, à tout le moins pour atténuer son augmentation exponentielle. Avec ce minuscule miracle  auquel on ne fait guère attention, qu'on a tous appris à l'école, la photosynthèse. Le bois que nous brûlons aujourd'hui manquera à la génération qui vient, et à celle qui la suivra, et à celle qui la suivra aussi. 

La sagesse, comme la science, commanderaient de ne plus couper un arbre pendant un siècle.

« Stade naturel », « territoire durable » - ou gaspillage et fortes émissions ?

 Un esprit rationnel a donc du mal à comprendre ce que cette chaufferie vient faire dans la commune.

Elle sera implantée à la place des écuries actuelles, à l'Ouest de la route menant au Val Claret. Les résidents du Lac et du Lavachet pourront respirer à pleins poumons ses rejets toxiques sous le vent d'Ouest dominant. Les belles journées d'anticyclone, avec des températures très basses et un vent nul, tout le monde les subira. En cas de vent d'Est, les polluants seront plaqués sur le Val Claret.


Les chaufferies actuelles au fioul sont 2 à 3 fois moins émissives en gaz et TSP que la future chaufferie aux granulés de bois. Leurs émissions de CO2 à la cheminée sont largement inférieures (300 g CO2/kWh). Leurs pertes sont minimes en comparaison du futur réseau municipal. Ce n'est pas idéal, mais c'est un moindre mal. 


La conclusion s'impose : quoiqu'en disent ses promoteurs, cette chaufferie municipale ne contribuera pas à améliorer le bilan carbone de la station. Le bilan s'il est fait un jour sera dégradé par rapport au bilan actuel, déjà lourd en raison de l'éloignement - les transports pèsent 66 % des émissions de CO2 - de l'altitude et des températures hivernales. Sans parler de la santé publique.


Emissions pour la saison 2019-20 : 182 000 t eqCO2, chiffre certainement sous-estimé  selon la Mairie.

Il existe des sources d'énergie zéro carbone, zéro PM, zéro gaz toxique, dans la commune elle-même : les centrales hydroélectriques du Saut et du Chevril (21.1 MW) et la centrale des Brévières (95 MW) ; un peu plus loin la centrale de Val d’Isère (15.5 MW) et celle de Malgovert à Seez (332 MW). L'ensemble produit 900 GWh/an, soit la consommation de 350 000 habitants. 

La production d’électricité bas-carbone en France a atteint en 2025 un maximum historique, soit 521,1 TWh (milliards de kWh). 92,3 TWh d'électricité ont été exportés vers les pays voisins. Cette électricité peut largement fournir les 150 ou 200 GWh annuels équivalents à la production de la future chaufferie municipale (2 millièmes de nos exportations !). Qui plus est, avec des pompes à chaleur, il s'en économiserait la moitié.

Il s'agit d'une énergie verte, disponible, pilotable et déjà financée. Qui n'encombre pas la route, qui n'empoisonne ni les gens, ni la faune, ni le sol, ni les lacs ni les rivières, ne détruit ni les forêts ni les cultures, ne réchauffe pas le climat et ne fait pas fondre les glaciers.

Incohérence

Tignes a prouvé sa capacité à innover sans polluer ni contribuer au réchauffement climatique. La centrale géothermique de l'Écovillage des Boisses est une réussite exemplaire. De même la nouvelle station d’épuration des Brévières, inaugurée en 2022, autonome énergétiquement avec une petite turbine de 210 kW.

Citons aussi le projet d'aménagement d'une micro-centrale hydroélectrique sur le torrent de la Sache (Programme municipal "Naturellement Tignes 2026"). Idem les aménagements hydroélectrique réalisés par Electricité Haute Tarentaise, anciennement Régie Municipale de Tignes, regroupée avec les Régies de Montvalezan, Sainte Foy Tarentaise et Villaroger.

 Le projet contesté est à cet égard un contresens.

Opportunité?

Qui a besoin de cette chaufferie ? quelle résidence, quel hôtel, n'est pas chauffé à Tignes et attend une chaufferie au granulés de bois et un réseau de chaleur municipal pour accueillir les touristes ou les copropriétaires ?

L'argument économique avancé par la Mairie repose principalement sur la "volatilité" du prix de l'électricité, opposée à une prétendue "stabilité" de celui du pellet. C'est ignorer ce qui se passe sur le marché, à la Commission Européenne et à Bercy. La ressource arrivant à épuisement, la tension sur le prix ne peut qu'augmenter. Le pellet est par ailleurs un produit industriel transformé. Son prix dépend pour partie de celui de la production industrielle, lui-même lié aux prix des énergies et du transport. 

L'UE a mis fin à  "l'exception historique" qui subventionnait jusqu'à récemment l'exploitation de la biomasse forestière. L'Allemagne subventionne déjà l'absence d'exploitation. La directive RED III (Directive UE 2023/2413) entrée en vigueur en mai 2025 imposera progressivement l'achat par l'exploitant de quotas d'émission sur le marché du carbone européen (ETS). 

En France, les prix sont déformé par la fiscalité : les taxes appliquées aux pellets - 0 accise et TVA réduite à 5.5% - sont 10 fois inférieures à celles appliquées à l'électricité - accises et TVA à taux plein. Miser sur la pérennité de ces subventions indirectes dans un pays endetté au-delà de toute mesure est des plus hasardeux. La vérité des prix se fera, et pas à l'avantage du granulé de bois.

Des pouvoirs publics promouvant une écologique véritable et soucieuse de la santé publique devrait s'attacher à réduire le commerce de bois de chauffage sous toutes ses formes. Même si nécessaire à recettes constantes, aligner progressivement la fiscalité sur les facteurs d'émission respectifs des différentes énergies. Ce qui tendrait à une utilisation du bois raisonnée, limitée à l'auto-consommation et aux circuits locaux, au rythme du renouvellement naturel et dans la mesure des déchets d'exploitation et d'entretien. On ne devrait plus voir de palettes de buches et sacs de pellets dans les supermarchés, ni de semi-remorques de 40 tonnes alimentant des chaufferies de puissance.

« Flocon vert » ou carton rouge?

Last but not least, quel sera le comportement des touristes, sportifs et skieurs, familles, femmes enceintes, quand ils constateront que l'air de Tignes est devenu irrespirable ?

La réputation de la station risque fort de se voir dégradée. La fréquentation pourra en pâtir. Et il n'est pas inimaginable que dans quelques années, les médias montrent Tignes du doigt, comme le mauvais élève, le modèle à ne pas suivre.

Perdre nos visiteurs ne sera bon pour personne.

Chaufferie et réseau de chaleur, non - une autre transition est souhaitable pour le bien de tous

Il est à craindre que sur ce sujet, le Conseil Municipal ne soit désinformé et répète ce qu’un marketing puissant lui a martelé comme une évidence, sous couvert de "conseils en énergies renouvelables". Contre toutes les données scientifiques et techniques, sur des bases fiscales irrationnelles et illisibles dans la durée, et au détriment de la santé publique. Une centrale de chauffage brûlant du bois, c'est une technologie d'avant hier, polluante, écologiquement désastreuse et sans avenir. Un réseau de chaleur dans une commune d'altitude à habitat en hameaux, c'est du pur gaspillage.

La transition à Tignes se doit d'être exemplaire. Dans ce domaine du chauffage et de l'énergie, la Mairie devrait donc se concentrer sur l'isolation thermique du bâti, et inciter les copropriétés à s'équiper progressivement de systèmes modernes et non polluants, en relève des chaufferies au fioul. La technique des pompes à chaleur (PAC) est mature ; il en existe d'autres. Les bâtiments récents équipés de chaudières à granulés de bois émettent déjà trop. 

Les copropriétaires, résidents et professionnels ont légitimement leur mot à dire. Si ce réseau de chaleur alimenté par une centrale aux granulés de bois voit le jour, il n'y aura qu'une réponse : ils refuseront de s'y raccorder. Leur volonté et la sagesse s'imposeront.


OBJECTIF : TIGNES ZERO CARBONE

VACANCIERS, SPORTIFS, RÉSIDENTS, COPROPRIÉTAIRES,

REFUSONS LE PILLAGE DES FORÊTS, LE GASPILLAGE,

LA POLLUTION ET LA DÉGRADATION DE LA STATION


Pour toute information, contactez le collectif : TZC « Tignes zéro carbone» : tignes.zerocarbone@gmail.com

signez la pétition : https://c.org/4qWJjxjMsg








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