Emissions de CO2 : querelle de chiffres
La combustion d'1 kg de granulés de bois émet 1,80 kg de CO₂. C'est le chiffre de la chimie élémentaire du carbone et des publications scientifiques (GIEC 2006, Brack & Birdsey, oct 2021, Nature portfolio 2018, EASAC (Conseil consultatif scientifique des académies européennes) 2018 et 2019, Agro Paris Tech 2020). Exprimé en unités thermiques, 400 g CO₂/kWh.
L'ADEME et les industriels de la filière du bois de chauffage affichent le chiffre de 30 g CO₂/kWh hors UTCATF (Arrêté du 04 août 2021). Moins que le facteur d'émission des panneaux photovoltaïques.
Explication : dans les inventaires sectoriels d'émissions de GES, le secteur UTCATF (Utilisation des Terres, Changement d'Affectation des Terres et Foresterie), ou AFOLU en anglais (Agriculture, Foresteries and Other Land Uses) regroupe les émissions de CO2 de l'ensemble des activités humaines ou événements affectant le sol et le couvert végétal, agriculture et sylviculture, déforestation et reforestation, urbanisation, artificialisation des sols, tempêtes, incendies etc. C'est là que l'UE et l'ADEME, conformément à la nomenclature du GIEC, classent les 400 g/kWh des émissions de la combustion du bois, et non dans le secteur ÉNERGIE. Ne sont comptabilisés dans le secteur ÉNERGIE que les 30 g CO₂/kWh liés à l'amont du cycle : coupe et extraction du bois, broyage, séchage, conditionnement en granulés, transport.
Ce chiffre repose surle principe de neutralité carbone court-terme
« Les émissions de dioxyde de carbone (CO₂) provenant de la combustion de biomasse ou de produits à base de biomasse sont prises en compte dans les émissions de CO₂du secteur AFOLU (ou UTCATF) par le biais des variations estimées des stocks de carbone provenant de la récolte de biomasse, même dans les cas où les émissions ont lieu physiquement dans d’autres secteurs (par exemple, l’énergie).
Cette approche d’estimation et de déclaration de toutes les émissions de CO₂provenant de la biomasse ou des produits à base de biomasse dans le secteur AFOLU a été introduite dans les premières lignes directrices du GIEC pour les émissions nationales de gaz à effet de serre (GIEC 1995), reflétant les liens étroits entre les données d’utilisation et de récolte de biomasse, et pour la raison pragmatique d’éviter les doubles comptes » (Académie d'Agriculture de France, 03/06/2025).
La Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique a néanmoins précisé que « les émissions de CO₂issues de la biomasse ligneuse utilisée à des fins énergétiques, prises en compte dans la catégorie UTCATF, sont rapportées pour information hors bilan du secteur utilisateur » (CITEPA, Avril 2014).
Pour résumer, les 2 chiffres répondent à 2 questions différentes :
1 - quelle quantité de CO₂ sort de la cheminée lorsqu'on brûle du bois ? Réponse : 400 g/kWh.
2 – quel est le facteur conventionnel d'émission de CO₂ de la combustion du bois dans le secteur Énergie de la nomenclature de la CCUNCC ? Réponse : 30 g/kWh, auxquels il convient d'ajouter hors bilan 400 g/kWh comptabilisés dans le secteur UTCATF.
Le règlement européen UTCATF 2018/841 impose que l'impact carbone des changements de gestion ou d'utilisation du bois soit reflété dans le compte climatique général des pays de l'UE. Mais sans le rapporter au secteur utilisateur, à savoir l'utilisation énergétique.
Conséquence, le chiffre de 30 g du secteur Énergie est savamment mis en avant pour éviter les comparaisons désastreuses pour la filière du bois de chauffage et l'industrie des chaudières, poêles, cheminées etc. L'opinion et les consommateurs sont induits en erreur. On peut qualifier cette communication de manipulatrice sinon mensongère.
Les émissions à la cheminée de CO₂ de la combustion de bois (quelle qu'en soit la forme, granulés, bûches, plaquettes, bois déchiqueté) sont supérieures à celles du charbon. Ceci en raison du faible pouvoir calorifique du bois, et de son humidité résiduelle supérieure. Et évidemment à celles du fioul et du gaz. Les densités énergétiques sont de 4,6 à 5 kWh/kg pour le bois vs 6,5 à 8 kWh/kg pour le charbon ; les coefficients de retour énergétique (EROI) sont comparables si le séchage est opéré sur place avec les résidus d'exploitation, et très défavorables aux granulés de bois si le séchage utilise une chaleur externe (gaz ou fioul) : de 4:1 à 8:1 vs 10:1 à 30:1 pour le charbon.
Les combustibles aussi ou plus émetteurs sont par ordre d'émissions croissantes, la lignite, la tourbe, la bagasse et les ordures ménagères. Les 2 premières sont des fossilisations incomplètes de la végétation, pauvres en carbone et au pouvoir calorifique faible. Mais l'Allemagne utilise la lignite dans ses centrales électriques. Une centrale électrique utilisant 11,5 % de tourbe fonctionne encore en Irlande. La bagasse est le résidu déchiqueté de la canne à sucre, utilisé dans les centrales électriques en complément du charbon en Guadeloupe, Martinique etc. Quant aux ordures ménagères, les usines d'incinération sont faites pour s'en débarrasser, et utilisent accessoirement la chaleur produite pour faire tourner une turbine électrique. Ces centrales et usines d'incinération émettent une quantité de CO₂, gaz et particules toxiques dépassant tous les seuils imaginables.
Dans le cadre de son « Green Deal », l'UE a émis une sorte d'omerta sur la communication relative aux émissions réelles de CO₂ du chauffage au bois, autre que les 30 g/kWh officiels. Aucun laboratoire ni doctorant en UE ne se risque à publier les chiffres réels. Une thèse récente en est un exemple : Angel Alfonso Martinez Martinez, « Étude des émissions polluantes de la combustion de biomasses dans une chaudière à granulés », Mécanique des fluides, Normandie-Université, 2021.
Un pavé de 188 pages extrêmement détaillées, dans lesquelles le rédacteur parvient à les passer sous silence. Il admet certainement que le CO₂ émis ne fait pas partie des émissions polluantes au sens strict, et ne relève pas de son sujet. Ou que le CO2 disparaît sitôt qu’émis, par la magie du vent, des sols, des océans, de la végétation et de la forêt. Plus prosaïquement, il veut obtenir le titre pour lequel il a travaillé pendant des années. Autrement dit, ceux qui ne relaient pas la doxa officielle ne sont pas bienvenus à l'Université ni dans les laboratoires.
Les financements publics sont à la main de l'agence publique, les financements privés des entreprises privées. Quand les 2 sont d'accord pour communiquer sur un chiffre magique, comment la presse et le public peuvent-ils connaître la vérité ?
On a lu cependant dans un article du journal « Le Monde » daté du 04/06/2021 : « La France s’engage sur la voie d’un nouveau scandale sanitaire : La combustion du bois n’émet pas seulement des gaz à effet de serre qui contribuent au dérèglement climatique, elle rejette aussi dans l’air des particules fines qui constituent une menace pour la santé humaine. En France, selon les dernières estimations de Santé Publique France, les particules fines (PM2,5, inférieures à 2,5 micromètres) sont responsables d’au moins 40 000 décès chaque année ».
Ajoutons que 15% à 20% des granulés de bois brûlés en France sont importés (env. 500 000 t en 2025, de Belgique, Allemagne, Espagne, USA, Canada). Le classement conventionnel de la CCUNCC permet de comptabiliser les émissions correspondantes dans les émissions UTCATF du pays producteur-exportateur, et non dans celles du pays utilisateur, et de minorer d'autant le chiffre France.
La double peine
Une timide mention du désaccord des scientifiques français sur cette tromperie apparaît dans les annales d'un webminaire réunissant l'ADEME, l'INERIS, le LCSQA (Laboratoire Central de Surveillance de la Qualité de l'Air) et le CITEPA, le 02 octobre 2024.
Sujet : « Le bois-énergie et les particules : Émissions, facteurs d'émission et concentration, de quoi parte-t-on ? »
On découvre à la fin de l'exposé de l'INERIS les 2 alinéas suivants :
« La quantité d'énergie nécessaire pour réfuter de fausses informations est supérieure d'un ordre de grandeur à celle nécessaire à les produire (principe de Brandolini) Essayons d'économiser également cette énergie ;)
La capacité de la forêt française à jouer son rôle de puits de carbone a été divisée par 2 en 10 ans !! ».
Le premier est plutôt surprenant dans ce type d'exposé et évidemment à double sens. Le second fait un détour par l'état de la forêt pour exprimer indirectement ce que tout le monde sait :
1. les prélèvements de bois pour en faire du bois de chauffage ou des granulés sont une cause majeure de la destruction de la forêt française ;
2. les émissions de CO₂ sont le facteur majeur du dérèglement climatique, lequel provoque la hausse des températures, les maladies et les accident affectant la forêt : sécheresses et inondations, incendies et tempêtes.
C'est la double peine.
L'UE et l'ADEME subventionnent depuis 25 ans des installations thermiques qui ont le double inconvénient de détruire la forêt pour fonctionner, et émettent en fonctionnant le CO2 qui contribue à la détruire.
Postulat surréaliste et subventions
On lisait dans une étude du CSTB commandée par l'ADEME, publiée en mars 2006 :
« Le bois va s'affirmer comme un matériau incontournable parce qu'il est source de matière première et d'énergie, et l'un des seuls matériaux à caractère indéfiniment renouvelable ».
Sans rire. Ce postulat, mélange d'incompétence et d'intérêts bien compris en ce qui concerne le CSTB, a fait long feu, si l'on peut se permettre cette taquinerie. L'ADEME avait trouvé la pierre philosophale qui transformerait le plomb en or. Elle nous a même fait croire que personne n'y avait pensé avant. Nous avons la preuve que l'exploitation raisonnée des forêts était déjà en usage à Rome sous l'empire. Des règlements forestiers, les bornages, les prélèvement par rotation de quanta de contenance sont attestés, ainsi qu'à certaines périodes l'encadrement des prix.
Le postulat avait été remis en cause dans le rapport de 2021 du Centre commun de recherche - Joint Research Centre (JRC) - le service scientifique de la Commission européenne , en charge de fournir « un soutien scientifique fondé sur des preuves au processus de décision politique européen ». Il avait la lourde tâche de déterminer sous quelles conditions la biomasse ligneuse (le bois) pourrait se plier aux objectifs énergétiques de la Commission. Alors que la définition de la bioénergie durable repose sur la conservation de la biodiversité et l'atténuation du changement climatique.
Le rapport soulignait que le bois est une source d'énergie plus carbonée que les fossiles qu'elle est censée remplacer : « la bioénergie issue du bois émet effectivement plus de GES lors de sa combustion, à quantité d'énergie égale, que l'énergie fossile qu'elle remplace ».
Il expliquait également et en résumé que la ressource n'est renouvelable que sous condition d'une exploitation limitée à ce que la nature renouvelle, en quantité et dans le temps. L'exploitation du bois primaire avec reboisement et conversion en plantation ne pourrait s'avérer positive en terme d'émissions évitées, qu'à un horizon lointain et sans certitude. Il faut 100 ans en Europe pour faire une forêt mature avec les services bioclimatiques qu'elle fournit : biodiversité, régulation de l'humidité et de la température, capacité à séquestrer le carbone . Et aussi invraisemblable que cela paraisse, il concluait en pointillé qu'il serait préférable pour l'UE de brûler du bois importé en laissant se régénérer les forêts locales déjà très dégradées.
Transparence
Ce rapport était accablant sur l'incohérence des données publiées, sans préjudice des quantités prélevées sans déclaration, par définition non rapportées. « Sans connaître précisément la quantité et le type de biomasse forestière utilisée pour la bioénergie, aucune politique efficace ne peut être mise en œuvre ».
Enfin, car il n'est de science sans conscience, même financée par l'UE, il préconisait de « commencer à traiter le secteur UTCATF comme n'importe quel autre secteur, c'est-à-dire sans ou avec un filtrage limité des flux de GES UTCATF déclarés à travers un ensemble complexe de règles comptables. Cela contribuerait à simplifier le jargon UTCATF, à faciliter la communication et à rendre plus évident que l'impact carbone total de la bioénergie est pris en compte ». Ceci afin « d'assurer une plus grande transparence, y compris dans la comptabilisation des émissions liées à la bioénergie forestière ». Il n'est pas établi que les recommandations de ce rapport aient été traduites dans les faits.
L'UE avait donc initié une politique énergétique reposant sur un postulat irresponsable, et communiqué sur des bases non transparentes. L'ADEME l'a mise en œuvre à coups de milliards d'€ prélevés depuis 2005 sur les factures d'énergie des Français (Certificats d’Économie d’Énergie, 60 à 70 Milliards € cumulés).
Sous la pression du GIEC et des alertes répétées des scientifique, les Directives Énergies Renouvelables RED II (2018), puis RED III (2023) ont enfin mis en place un timide encadrement de l'exploitation du bois. Sous le concept d'utilisation « en cascade » du bois, l'UE a finalement interdit les subventions à l'utilisation énergétique de bois de qualité supérieure, lesquels doivent être réservés en priorité à la construction ou à l'industrie. Et imposé de réduire le soutien financier à l'utilisation de la biomasse forestière primaire, i.e. les arbres originels coupés pour être brûlés. Soulignons : ne plus la subventionner confirme qu'elle l'était avant.
L'obligation d'achat de certificats carbone européen (ETS) se met en place. La filière résiste et a obtenu à ce stade le maintien du statut d'énergie "renouvelable" pour le bois de chauffage, ainsi que l'exonération du système des quotas d'émission de l'UE (SEQE-UE). En s'appuyant toujours sur ce fameux facteur d'émission de 30 g /kWh. Mais elle est désormais soumise aux critères de durabilité de la biomasse. A ce stade, les contraintes se limitent donc à un problème bureaucratique dont l'UE a le secret pour se sortir des impasses dans laquelle elle s'est elle-même enfermée. Mais cette politique de subvention insensée devrait prendre fin. A ceci près que les installations et la demande qu'elle ont créées ne disparaîtront pas par la disparition des subventions. Quoi qu'il en soit, au niveau des forêts, le mal est fait.
Résultat
La France comptait en 2022-23 environ 7,5 millions de logements individuels - résidences principales - équipés d'un chauffage au bois , et plus de 6 000 installations collectives et industrielles de puissance supérieure à 50 kW, dont 87 installations de 20 à 50 MW, et 54 très grandes centrales de plus de 50 MW. Elles consomment de 26 à 30 Mt de bois, soit 110 à 120 TWh.
Soit : 62 % à 72 % pour les installations individuelles, dont un grande part en auto-consommation ou circuit court, et 28 % à 38 % pour le secteur collectif, industriel et réseaux urbains. En légère augmentation, mais si le nombre d’appareils installés pendant la période 2006 - 2020 est en nette augmentation, l’efficacité énergétique supérieure des nouveaux foyers tend à contre-balancer cet accroissement. Pas de chiffres plus précis publiés à ce jour, mais du point de vue de la décarbonation, la balance globale de la forêt française s'effondre.
Le bilan carbone
De 2008 à 2021, le puits de carbone de la forêt française a perdu 43 MtCO₂, de - 70 à - 27 MtCO2 soit 6.5 %/an (CITEPA, Observatoire de la forêt française, Académie d’Agriculture de France).
A ce rythme, les - 27 MtCO₂/an seront épuisés à l'échéance 2030. Les + 0.2 à + 0.6 Mt imputés aux incendies de 2026, qui ont ravagé 5 fois plus de surface forestière que la moyenne annuelle des vingt dernières années - plus de 4,1 millions de tonnes de CO₂ relâchées directement dans l'atmosphère - ont certainement raccourci l'échéance d'un an.
A compter de la prochaine décennie, la forêt française sera émettrice nette de CO₂. C'est déjà le cas de l'autre côté du Rhin depuis 2018, avec un fragile rebond en 2025. Les autorités allemandes ont mis en place le « Klimaangepasstes Waldmanagement » qui rappelle, grâce à des subventions de 100 €/ha, aux forestiers locaux qu'exploiter la forêt au-delà de ses capacités de régénération mène à sa destruction, augmente la température, appauvrit les sols et compromet le cycle de l'air, de l'eau, l'agriculture, la biodiversité et les écosystèmes. La France à ce stade continue sur sa lancée.
Le GIEC avançait déjà en 2018 qu'au rythme où se développe le chauffage au bois en Europe, on constatera une augmentation de 10% de ses émissions de GES dans les 10 prochaines années.
Mais il n'est pas interdit d'espérer que les pouvoirs publics français mettent enfin un terme à cette folie qui détruit nos paysages, nos écosystèmes, et empoisonne les gens. Le rapport remis au Premier Ministre par R. Schellenberger, député du Ht Rhin, le 27 juillet 2026 « Produire en France avec l’énergie de France » le confirme :
« Le choix de la biomasse pose la question de sa disponibilité à moyen terme au regard des nombreux usages actuels ou envisagés pour la décarbonation. Ceci plaide en faveur de la définition d’un ordre de mérite, définissant les usages prioritaires alimentaires puis pour lesquels les autres solutions de décarbonation sont inexistantes ou limitées. Priorisation d’autant plus nécessaire qu’au cours de la mission, l’abandon de projets de chaudières biomasse a été exposé du fait notamment d’un problème de bouclage matière » (p. 35).
En bon français, le rapport recommande de prioriser l'usage agricole des terres, et de mettre fin aux prélèvements de bois. Le bois est une ressource finie et la décarbonation par la combustion de bois est une impasse.
Selon ce rapport, comme pour le simple bon sens, l'électrification décarbonée des usages est la clé de la réindustrialisation et de la réduction des émissions de GES.
A Tignes
On lisait ces jours derniers que le glacier de la Grande Motte a perdu 6 m d'épaisseur cet été 2026, "comme si on avait perdu l'équivalent de 2 ans mais en un seul été" (Le Dauphiné Libéré, 27/10/2026). Le réchauffement climatique n'est pas une opinion, c'est un fait. "Chaque kg de CO2 fait fondre 15 kg de glacier quelque part dans le monde" (V. Masson-Delmotte, CNRS). Comment expliquer que la Municipalité se tire à ce point une balle dans le pied?
Pour répondre à l'argument de "contresens écologique" concernant le projet, la Mairie affirme qu'il s'inscrit dans les critères de subvention de l'ADEME. Ce qui constitue indiscutablement une référence de premier ordre. Les résidents, professionnels et copropriétaires sont rassurés, ils paieront deux fois, la première avec les impôts et les taxes, la seconde avec les Certificats d'Economie d'Energie. Et une troisième avec leur santé et la dégradation accélérée du domaine skiable.
Influence et marketing
On ne saurait décrire cette folie du chauffage au bois sans mentionner l'influence des fabricants de chaudières et poêles à bois, surtout Autrichiens et Allemands, très présents à Bruxelles, et de la filière bois qui a connu une croissance exponentielle. Elle rassemble en France env. 60 000 entreprises, du bûcheron au papetier et au menuisier ; 73 établissements fabriquant des granulés de bois ont vu le jour en France ces dernières années, de l'atelier familial qui produit 100 t/an avec des déchets de bois d’œuvre ou de palettes, aux usines qui en produisent 1 000 fois plus, pour un total de 2.05 millions t/an en 2022.
Autres aspects intéressants
Qui dit influence et subvention, dit souvent confusion des genres et corruption. Il n'en est heureusement pas trace s'agissant des euro-députés français, des agents du Ministère de l’Écologie et de l'ADEME. Cette dernière traverse cependant une période de fortes turbulences, accusée de manipulation de données, de manque de pertinence des subventions accordées - pour un montant de 4,2 Milliards € en 2024 - de soutien à des processus incertains - hydrogène vert, méthanisation - de communication dispendieuse et parfois indigne, de favoritisme au profit de la filière éolienne – sur ce dernier point, une instruction est en cours devant le TA de Nantes à l'initiative de 2 associations écologistes.
Du point de vue scientifique et technique, l'ADEME n'existe pas face à l'Académie des Sciences, au CNRS, au CEA, à Agro Paris Tech, à l'ENS, au Muséum National d'Histoire Naturelle, à l'ONF etc.
Enfin du point de vue de sa légitimité propre, elle doublonne les Directions régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL). Le gouvernement envisage de la supprimer et de mettre son personnel, ses 3 centres principaux et ses 17 agences régionales sous l'autorité des Préfets. Elle emploie 1 400 agents, pour un budget de fonctionnement de 130 M€/an. Notons que la Cour des Comptes estime que la gestion de son personnel ne présente pas d'anomalie.
Qui sera le gardien du gardien?
En Europe par contre, le nouveau Commissaire au Budget de la Commission Européenne Piotr Serafin, a confirmé en janvier 2025, que la Direction Générale de l'Environnement de la Commission Européenne a financé des ONG pour faire pression sur les eurodéputés et les États membres en faveur du « Green Deal » de Frans Timmermans, vice-Président de la Commission de 2014 à 2023.
On a pu lire dans le quotidien De Telegraaf que Frans Timmermans faisait distribuer secrètement l'argent du contribuable européen à des agents douteux, en charge de faire du lobbying en faveur de son action auprès de la Commission Européenne. L'ancien Commissaire à l'Environnement et aux Océans Virginijus Sinkevičius est également mis en cause. Le principal bénéficiaire de ces détournements serait le Bureau Européen de l'Environnement, lequel regroupe à Bruxelles pas moins de 185 ONG écologistes ! Le montant cumulé de ces corruptions serait estimé à 13 millions €. Et une partie de l’argent leur aurait été reversée.
Aux dernières nouvelles, ces personnages sont libres, et pourraient bénéficier de l'immunité attachée à leur mandat.
Le plus triste : avant d'être personnellement visé par ces accusations de lobbying institutionnel, de détournements de fonds publics doublés de corruption active et passive, Frans Timmermans était principalement reconnu à Bruxelles pour son rôle de gardien de l'État de droit.


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